Ateliers d’education populaire du Plateau

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Dans la rue Drolet, majoritairement résidentielle, à quelques pas du métro Mont-Royal, les « Ateliers d’Education Populaire du Plateau » pourraient paraître comme un bâtiment de briques grises avec une porte en métal mais l’intérieur est aussi chaleureux que le soleil orange de leurs logos. De l’air chaud circule à l’intérieur du couloir qui est bordé de casiers en métal blanc, et renvoie à l’hospitalité des volontaires et des 29 employés qui y travaillent.

La salle principale qui se trouve au bout du couloir au rez-de-chaussée reflète la communauté qui prospère entre ces murs. Il y a des tables qui occupent l’espace où des enfants viennent jouer aux échecs, une petite scène qui sert pour des spectacles et pour raconter des histoires et une cuisine où, une fois par mois les vendredis, ont lieu des ateliers de cuisine. Dans la salle, on  respire le parfum des épices d’un atelier Paella qui a eu lieu le 26 Février et a enthousiasmé les membres de la communauté.

Le bureau de Benoît Lord, le directeur général de l’organisation, est situé au 1er étage et cela fait maintenant neuf ans qu’il occupe ce poste. Toute sa carrière, Lord s’est consacré à l’éducation populaire et à l’aide communautaire, partant l’un centre d’éducation alimentaire de premier recours aux Ateliers. Lord se plait dans cette organisation, plus petite que la précédente, qui est basée sur le travail et la bonne ambiance apportée par les membres du groupe.

L’isolement est un des problèmes les plus importants dans le Plateau, selon les « Ateliers d’éducation populaires du Plateau ». C’est pourquoi cette organisation à but non lucratif propose une multitude d’activités pour des publics de tous âges. Ils offrent tout type de classes sportives et artistiques, en plus des cours plus académiques. « Nos cours sont pour Monsieur et Madame-tout-le-monde, favorisés comme défavorisés » dit Lord. Ceci donne l’opportunité aux adultes de rencontrer des gens en dehors de leurs cercles sociaux dans des activités comme l’acrylique, la céramique, la couture, la peinture sur verre, le tissage, la méditation ou le solfège. Ces habitants du Plateau peuvent améliorer leurs interactions sociales tout en développant des compétences spécifiques lors de  sessions des 10 semaines.

Ce centre reflète la population du quartier : 24 pour cent des 538 membres vivent seuls et comme dans beaucoup de centres, 80 pour cent des adhérents sont des femmes. Une fois dans l’organisation, les membres restent longtemps, certains des membres ont participé à l’organisation depuis plus de 20 ans. Ensemble, ils travaillent pour lutter contre le courant individualiste qui se fait ressentir de plus en plus et le Plateau Mont Royal n’y a pas échappé.

Cette organisation fonctionne depuis 1973 et offre des cours plus pratiques pour l’intégration des habitants dans la société comme par exemple comment payer ses taxes, l’apprentissage des premiers secours, la cuisine pour les tout-petits et des cours de français.  Ce dernier cours est particulièrement important pour l’organisation francophone. Ces cours plus pratiques aident l’organisation à toucher un plus grand public, grâce à des assistantes sociales qui dispensent leurs services.

Cet effort pour inclure toute sorte de population se retrouve dans les tarifs différenciés pour les activités offertes au public. Comme la moitié des membres viennent de familles à revenus faibles, tout individu peut payer moins  cher s’il prouve qu’il a peu de revenus. Les Ateliers déterminent le tarif grâce à la ressource gouvernementale « Statistique Canada », tous les revenus en dessous de 22 720$ pour une personne par an sont éligibles aux tarifs réduits et les prix varient selon le nombre d’individus qui partagent  le revenu.

Pourtant depuis cinq ans les « Ateliers d’Education Populaire du Plateau » craignent pour leur survie à cause de restrictions budgétaires liées à la politique d’austérité au Québec.  Leurs revenus viennent de quatre sources,  « Centre aide » du Grand Montréal, le ministère de l’Education, la commission scolaire et des financements autonomes. La commission scolaire a lâché l’organisation depuis deux ans, ce centre n’a donc plus le soutien qui lui payait les locaux, l’électricité et le chauffage. Le centre d’éducation fait tout ce qui est dans son pouvoir pour avoir la possibilité de  continuer à offrir ses services : manifestations, lettres, appels d’aide aux ministres mais pour l’instant cela ne suffit pas. L’extension qui lui a été donnée par le ministère de l’Education va expirer à la fin de l’année et malgré les efforts fournis par l’administration, le centre ne touche plus que 36 pour cent de ses revenus.

Par ailleurs, Lord   trouve très importante l’attention donnée par l’organisation à l’éducation des personnes âgées. « L’éducation ne s’arrête pas après le lycée, Cegep ou l’université, c’est tout au long de sa vie qu’il est important de continuer à se développer, » dit-il et il ajoute que, pour lui,  la santé mentale et physique de ces personnes âgées a moins de chance de se dégrader  si elles prennent des cours. Un cours qui marche bien pour cette tranche d’âge est un cours d’utilisation de tablette électronique.

Une grande partie du programme est destiné aux tout-petits et à l’éducation familiale. Cet effort est visible dans l’établissement dans le parc intérieur ensoleillé, qui peut être réservé par les membres de l’organisation, agrémenté de petites structures de jeux colorés et d’une piscine, très fréquentée, remplie de boules en plastique. Il y a aussi plein d’autres pièces comme la « joujouthèque » où des jouets peuvent être empruntés et des habits d’enfants peuvent être achetés à 50 centimes l’unité, ce qui crée une atmosphère familiale dans les anciens locaux d’une école. Au premier étage, à 13h 30 des enfants, âgés de six mois à six ans, font la sieste, certains qui n’arrivent pas à s’endormir lisent tranquillement sur leur matelas.

Des bouts de conversations peuvent être entendus chuchotés par les adultes du cours de peinture sur verre, enseigné par un employé aussi appelé «personne ressource » plus loin dans le couloir. Tout enfant qui est dans ce programme doit rester toute la journée et ne peut pas rester plus de 24 heures chaque semaine. Pour toutes les activités proposées par les Ateliers, les inscriptions se font sur le  principe du premier venu premier servi, mais l’organisation fait de son mieux pour accommoder tous les parents qui ont besoin de ce service.

Dans cette rue résidentielle, l’aide mutuelle et l’accueil de tout le monde sans se soucier de l’origine, du contexte socio-économique ou de l’âge sont les valeurs qui sont au centre des Ateliers. Pourtant la situation financière devint de plus en plus dure pour l’organisation qui est affectée directement par la récente politique d’austérité au Québec. Comme les six autres centres d’éducation populaire concentrés dans le Plateau Mont-Royal, les responsables se battent pour leur survie et espèrent que la communauté dans sa totalité reconnaîtra  l’importance de leurs services.

La richesse des liens qui se créent dans les locaux de l’association Les Ateliers et l’importance des actions mises en place par ce centre pour la cohésion sociale du quartier est évidente à quiconque pousse la porte discrète de la rue Drolet.

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